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Envergure : 37-50 mm
Lasiommata maera porte un nom différent selon le sexe. Le mâle adulte (le Némusien) est assez sombre, beaucoup plus que le Satyre, avec un gros ocelle apical sur la zone postmédiane fauve. La femelle (l’Ariane) est largement envahie de fauve roussâtre varié de nuances jaunâtres. La série d’ocelles du revers des ailes postérieures est assez bien délimitée, sur un fond grisâtre nettement clair. Il existe un risque de confusion avec la femelle du Satyre (la Mégère), un peu plus petite, dont la coloration fondamentale fauve des ailes antérieures est homogène et les dessins noirs plus nets.
Lasiommata maera est une espèce à tendance orophile (espèce liée aux reliefs). Le comportement des adultes est caractéristique : ils recherchent en priorité les parois verticales devant lesquelles ils volettent et se posent, les ailes tantôt relevées, tantôt entrouvertes. L'Ariane ou le Némusien fréquente les anciennes carrières, les parois et zones rocheuses naturelles, les affleurements minéraux, les murets des jardins et des vignes, les piles de bois, les bords de voies ferrées désaffectées, et se réfugie souvent en zone pavillonnaire péri-urbaine. La chenille se développe sur diverses Graminées au pied des parois et se nymphose en hauteur ; la chrysalide est suspendue.
C’est une espèce bivoltine en plaine : la première génération apparaît de fin mai à juin, la deuxième d’août à début septembre, avec possibilité d’une troisième émergence. En montagne, elle probablement univoltine (une génération) en juin-juillet.
Les adultes se nourrissent principalement du nectar des fleurs, les chenilles dévorent les plantes hôtes.
L’Ariane régresse à grande échelle et disparaît notoirement de la moitié occidentale de la France ; ses populations, toujours peu fournies en individus, sont de plus en plus dispersées et localisées. Ce papillon semble menacé par le réchauffement climatique et les atteintes anthropiques directes (plantations, fauches, etc.). Les menaces sont mal caractérisées en plaine, pour une espèce encore présente il y a peu dans les jardinets de la proche banlieue parisienne. Il y a lieu de favoriser la coexistence d’espaces fleuris et de milieux rocheux.
Les papillons sont les proies de nombreux insectivores, ils peuvent être consommés par d’autres insectes et des oiseaux par exemple.
Espèce eurosibérienne, ses populations sont très dispersées et en régression en Bourgogne, avec un noyau en Côte-d’Or montueuse et dans toute la partie centrale de la Saône-et-Loire. Elle est présente dans le Morvan et l’Autunois (elle fréquente le sommet des terrils des Télots !). Curieusement, sa distribution est lacunaire et quasi nulle en Bresse, dans la Forterre, le Nivernais et le Brionnais. En Franche-Comté, l’Ariane est bien plus commune, et présente en altitude élevée (1 280 m, Jura : Lajoux, forêt du Massacre…).
DUTREIX C., 2013, Papillons diurnes et nocturnes de Bourgogne, Ouvrage, L'escargot savant : 368p.
LAFRANCHIS T., 2000, Les papillons de jour de France, Belgique et Luxembourg et leurs chenilles, Ouvrage, Coll. Parthénope, Biotope édit., Mèze (France) : 448p.
LAFRANCHIS T., JUTZELER D., GUILLOSSON J-Y., KAN P.&B., 2015, La Vie des Papillons. Ecologie, Biologie et Comportement des Rhopalocères de France., Ouvrage, Ed Diatheo : 751p.