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Le comité scientifique de la Bourgogne Base Fauna s'est de nouveau réuni

Le 24 octobre 2020, le comité scientifique de la Bourgogne Base Fauna (BBF) s’est réuni pour la deuxième fois. Le bilan de l’année 2019 et d’une partie de l’année 2020 ainsi que les perspectives ont été présentés. Puis, une sortie sur une zone d’affleurement rocheux dans la vallée du Trinquelin à Saint-Léger-Vauban a permis aux spécialistes présents de partager leurs connaissances. Mais qu’est-ce vraiment la BBF et ses plus-values ? Quel est le rôle du comité scientifique et comment travaille-t-il avec ses partenaires? Nous répondons à ces questions dans cette actualité.

© N. VARANGUIN
© N. VARANGUIN
La BBF, l’outil phare de la SHNA-OFAB qui alimente la plateforme "Sigogne BFC"

Créée en 2005 et en évolution constante, la BBF centralise et gère de manière très fine et rigoureuse des données naturalistes sur la faune sauvage et ses habitats à l’échelle de la Bourgogne. Riche de plus de 2 000 000 données, elle est reconnue comme la base de référence sur la faune bourguignonne par nos partenaires et nos financeurs.

Bien au-delà de la simple compilation des données, la vocation de la BBF vise à les valoriser (par des études, synthèses, porter à connaissance, créations de zonages pour la conservation, conseils, etc.) et à les transmettre au niveau régional et national (1 700 000 données transmises à ce jour), notamment à travers la nouvelle plateforme Sigogne Bourgogne-Franche-Comté.

Cette plateforme est gérée par le collectif du même nom, composé de 8 structures productrices et gestionnaires de données à l’échelle régionale ou ex-régionale. La SHNA-OFAB s’occupe du volet faune en Bourgogne (hors oiseaux et poissons). Sigogne BFC met à disposition de tous les données synthétiques sur la biodiversité via sa plateforme qui fait office de Système d’information de la nature et des paysages (SINP) et fait ainsi le lien avec le SINP national et l’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) coordonné par le Muséum National d’Histoire Naturel.

Les données sont par exemple utilisées par des collectivités, des bureaux d’étude ou les services de l’État. L’objectif étant, bien sûr, une meilleure prise en compte des espèces dans les politiques en matière d’environnement et de biodiversité ainsi que dans les projets d’aménagements du territoire.

© N. VARANGUIN
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Le comité scientifique, des experts naturalistes s’assurant de la qualité des données diffusées

Le comité scientifique de la BBF compte actuellement 32 membres dont des salariés de la SHNA-OFAB mais aussi, et pour plus de la moitié, des bénévoles qui sont pour certains des experts nationaux sur des groupes taxonomiques. Ce n’est pas rien !

L'une des missions principales de ces scientifiques et naturalistes est la validation des données saisies notamment sur E-Observations. En effet, toutes les données diffusées doivent avoir subi le processus de validation ! Ce travail "de fourmi" et collaboratif permet de valider en ligne sur des outils dédiés environ 30 000 données par an, sur une grande diversité de groupes taxonomiques ! La BBF contient en effet environ 7 000 espèces différentes ayant fait l’objet d’au moins une observation, témoignant du large panel de compétences nécessaires au sein du comité. À titre d’exemple, environ 20 000 données entomologiques issues d’E-Observations ont été vérifiées depuis le début de l’année 2020 ! Par ce travail, le nombre de nouvelles espèces d'insectes est monté en flèche : en 2012 la BBF en contenait 1 800 (tout groupe confondu), en 2014, 4 000 et désormais près de 7 000 !

Le comité scientifique joue aussi un rôle primordial dans la formation des observateurs avec lesquels les membres échangent régulièrement. Il participe activement aux enquêtes menées et à la rédaction de notes d’identifications. Cette implication participe grandement au progrès des observateurs en termes de connaissances naturalistes et de rigueur scientifique. Elle améliore ainsi la qualité mais aussi la quantité des données saisies : sur les insectes encore, le nombre de données saisies en ligne a été multiplié par 3 en 10 ans !

© N. VARANGUIN
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La validation des données, un processus qui demande du temps et de la rigueur

Chaque donnée validée est passée par un processus scientifique qui requiert un certain temps et repose encore une fois sur la contribution de spécialistes, souvent bénévoles, qui parfois doivent échanger entre eux, voire même faire appel à des spécialistes extérieurs. C’est pourquoi, une donnée ne peut être instantanément validée.

Le principe de précaution prime au sein du comité ! Certaines données restent en attente de validation par manque de compétences spécifiques (le comité est voué à s’étoffer d’années en années). Elles peuvent être également classées comme "plausibles" lorsque les indices permettant de se prononcer sur la détermination de l’animal observé sont insuffisants. Enfin, si la détermination semble totalement erronée sans que l’on puisse statuer sur l’espèce (espèce douteuse par rapport à sa répartition connue ou sa phénologie et photographie manquante ou ne permettant pas la détermination par exemple), elles sont invalidées. La présence de photos est souvent très utile pour faciliter cette phase de validation, elle est même nécessaire pour certains groupes (d'insectes notamment). Toutefois, les statuts de validation ne sont pas figés, et beaucoup sont corrigés chaque année ! Aussi, toutes les données non traitées sont conservées et restent précieuses car elles pourront faire l’objet d’une validation et d’une valorisation a posteriori.

Savez-vous qu’en partageant vos données sur E-Observations, notre module en ligne accessible par tous, vous contribuez à la BBF et donc à l’amélioration des connaissances sur la faune en Bourgogne et à sa préservation?! Rendez-vous, ici ! Et n’oubliez pas, les photos facilitent la validation des données.